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Sarah Turine: « Le train-train PS-MR ou la différence durable ECOLO? »

Propulsée tête de liste aux communales de Molenbeek de 2006, Sarah Turine, jeune travailleuse d’Oxfam Solidarité mène ensuite un parcours fulgurant au sein d’ECOLO: conseillère communale, secrétaire régionale, parlementaire régionale et communautaire… Pour éviter un cumul, elle démissionne de ce dernier mandat et devient coprésidente d’ECOLO.

J’ai eu la chance de travailler avec elle, comme permanent de la locale de Molenbeek, aujourd’hui ma commune. A 36 ans, Sarah Turine mène déjà sa 4ème campagne comme candidate, sans y perdre ni son âme, ni sa fraîcheur. Elle soutient la liste à la Chambre (BHV) en 22ème et dernière place effective.

Pauvreté, Politique des grandes villes, chômage des jeunes et moins jeunes… elle livre ses solutions concrètes et durables à construire ensemble. Blog-interview exclusive.

> En mars 2010, tu déclarais te donner un an pour « atteindre les exigences minimales de coprésidente d’ECOLO« . Avec les élections anticipées, tu anticipes aussi ?

C’est clair que dans les périodes de crise, c’est intense. Les journées sont très remplies, les discussions et les décisions à prendre plus fréquentes. On apprend donc plus vite…

> Un bruxellois sur 4 se trouve en dessous du seuil de pauvreté. Quelle solutions proposes-tu ?

Ta question est très vaste. La lutte contre la pauvreté doit relever de l’ensemble des politiques (dans le sens où chaque politique, chaque décision devrait permettre de rendre la société plus égalitaire et moins excluante) et de l’ensemble des niveaux de pouvoir.

Dans le cadre des élections fédérales, il me semble que l’enjeu prioritaire est de permettre une sécurité sociale forte, modernisée et qui doit rester fédérale. En effet, la sécurité sociale est un outil essentiel qui a permis, au fil des années et malgré la crise, de préserver la solidarité entre tous les Belges et de lutter contre les inégalités. Elle est aujourd’hui en danger. Or elle doit pouvoir répondre aux nouveaux enjeux de la solidarité et du vieillissement.

Il faut relever les minima sociaux et salariaux, individualiser les droits sociaux, lier intégralement les allocations sociales au bien-être. Il est urgent d’assurer le financement des pensions de demain et d’augmenter les pensions les plus basses. Il est donc urgent de repenser le financement de la sécu en faisant participer aussi les revenus du capital, via une cotisation sociale rééquilibrée.

Par ailleurs, il faut valoriser le travail des CPAS. La participation fédérale aux budgets des CPAS doit être augmentée. En outre, Le CPAS doit être le lieu de coordination de toute l’action sociale au niveau locale, pour ne pas être que le lieu d’attribution des allocations mais pour permettre de valoriser et renforcer ses actions d’émancipation et avoir un plan global et cohérent d’action sociale au niveau local.

> Dans notre commune de Molenbeek comme dans beaucoup d’autres, le chômage des jeunes atteint des sommets. Faut-il prolonger le Plan Win-win du gouvernement Leterme ?

L’idée de favoriser l’embauche des jeunes est évidemment à poursuivre, mais pas comme le fait le plan winwin qui est plus un plan win (employeur)-loose(travailleur)-loose(sécurité sociale). Cette réduction de charge pour l’employeur n’est pas conditionnée ! Ben tiens, encore une aide non conditionnée ! Du coup on a vu certains employeurs bénéficier de ces aides alors qu’ils comptaient de toute manière embaucher, d’autres ont remplaé des travailleurs non subventionnés par des travailleurs bénéficiant de ces aides, sans compter le risque de créer des emplois précaires (que se passera-t-il pour les travailleurs engagés une fois les aides terminées ?)… Et ce, tout en privant la sécurité sociale de ressources pourtant bien précieuses en ces temps de crise alors que, on le voit, l’effet de ces mesures sur la création ou le maintien de l’emploi est discutable.

Bien entendu qu’il faut des mesures d’aide à l’emploi à destination des employeurs, à condition qu’elles soient conditionnées de telle façon à répondre aux objectifs 1/ de création d’emploi 2/ de soutien aux secteurs d’avenir (secteurs « verts », services, horeca, aides aux personnes, récup’, réparation,…).

Mais ceci dit par rapport aux jeunes de Molenbeek en particulier, c’est surtout leur permettre de suivre des formations pour des métiers de ces secteurs d’avenir. Ces jeunes sont souvent peu qualifiés. En outre, les formations aujourd’hui ne sont pas nécessairement adaptées par rapport aux métiers en pénuries (infirmiers par exemple) ou aux métiers verts (éco-construction par exemple).

>La « Politique des grandes villes » déverse des millions chaque année sur la capitale. Comme l’orienter ?

Ville durable !!! Et ce n’est pas qu’un mot quoiqu’en pensent d’autres partis. Une ville durable est une ville conviviale, solidaire, émancipatrice et le moins dépendante possible du pétrole…

> Lors du Congrès d’ECOLO ce 22 mai, tu laisais entendre qu’entre PS et MR, c’était plié. Effet de style ou réelle conviction ?

Je ne reçois pas les confidences de Reynders ou Di Rupo, mais il est clair que le ton qu’ils ont adopté entre eux laisse présager qu’ils sont plus que prêts à gouverner ensemble. Pour repartir dans le même train train…

Les gens se plaignent que rien ne change, que même s’ils vont voter, ce sera la même chose… A nous de les convaincre que nous sommes la différence.

Le blog de Sarah Turine

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Usage de faux: le Vlaams Belang joue avec le feu

Tract officiel ? Non, Vlaams Belang !Un  dépliant toutes-boîtes qui ressemble comme deux gouttes d’eau à une véritable communication gouvernementale. Y sont repris, des propos – pourtant jamais prononcés – de quatre responsables politiques bruxellois démocratiques. Ça ressemble à un faux, un usage de faux, une usurpation d’identité… Ceci n’est pas une fiction, c’est un tract incongru du Vlaams Belang, sans mention ni logo. Un exemple de plus que ce parti est irresponsable et dangereux.

Je pensais m’abstenir d’en parler. Mais Het Nieuwblad, Knack et Skynet l’ont déjà évoqué…

Ce vendredi matin, je marche à Bruxelles-ville. Mon regard curieux se pose sur le pas d’une porte, au pied d’une boîte-aux-lettres. Un tract bilingue FR-NL, en couleurs, format A5 (pdf ici pour documentation).

En couverture, le bleu de la Région de Bruxelles capitale, son iris jaune, sa typographie. En grand et en gras, un titre « Communication gouvernementale« . Suit la mention « Un mur de sécurité pour Bruxelles« . Un plan du centre-ville et de la première couronne. Une « ligne de démarcation » entoure, sous forme d’étoile (juive ? du Pentagone américain ?), une partie de Molenbeek et quelques autres quartiers. Une effroyable imposture bilingue FR-NL derrière laquelle se cache le…Vlaams Belang.

De faux propos

Je suis désolé de devoir reprendre ce contenu pour vous expliquer le pitch. A l’intérieur de ce tract vomitif, 4 prétendus témoignages d’une dizaine de lignes chacun: Philippe Moureaux , Eveline (sic) Huytebroeck, Bruno De Lille, Brigitte Grouwels.

tract-belang-extrait-1

Vieilles photos à l’appui, ils y expliquent, en gros, qu’inspirés par Israël, le gouvernement bruxellois a décidé d’ériger un mur entre les quartiers populaires, c’est-à-dire « en voie d’islamisation » et ceux où vivent les « autres ». Ils y comptent les avantages.

tract-belang-extrait-2

Tiré par les cheveux

Si l’ex-Vlaams blok  n’y apparaît pas, comment le lecteur peut-il connaître la vraie source de ce tract ? Avec beaucoup de sens critique:

  1. Le contenu mis dans la bouche des démocrates véhicule la doctrine habituelle de l’extrême droite: eux><nous, les autochtones minorisés par les allochtones, la cohabitation impossible. Et un peu de poujadisme pour le surplus.
  2. L’éditeur responsable est « Jean van den Belang, Liefdadigheidsstr/Charité 6,1210 Bsl« .
  3. C’est seulement en cherchant sur le net qu’on découvre que le Vlaams belang revendique cette publication.

Luttons contre les fachos, sur tous les fronts

En tant que citoyen, je suis profondément choqué par de telles méthodes. Tordue comme jamais, écartée par une très large partie des électeurs, en baisse dans les urnes, l’extrême droite ne sait plus quoi inventer pour faire passer insidieusement ses thèses. Avec sa dotation publique, elle tente de légitimer la haine entre populations en la plaçant dans la bouche de démocrates. Et à ma connaissance, en droit, le « poisson d’avril » n’existe pas. Surtout pas à l’insu des prétendus interviewés.

Comment les citoyens peuvent-ils faire confiance à des partis qui utilisent de telles méthodes et dont bon nombre de cadres ont souvent été condamnés par la Justice ?

Plus que jamais, luttons contre le fascisme. Sur tous les fronts: politique, juridique, associatif, syndical, éducatif… Ne laissons rien passer !

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Mes valises à Molenbeek

rue du chien vert à MolenbeekC’est fait ! J’ai déménagé à Molenbeek ! Ponçage, peinture, caisses… Avec l’aide des amis et de la famille, on peut enfin profiter de l’appartement duplex qu’on a eu la chance d’acquérir grâce à la SDRB (logement moyen public régional).

Le quartier sur lequel nous avons jeté notre dévolu est celui du « centre historique », précisément rue du chien vert.

Quelques points de repères: la Maison communale, le métro Comte de Flandre, la fresque murale représentant la mer en bordure du canal et de la Petite ceinture, les Tissus du Chien Vert…

Evolution positive

chien-vert-logoJe ne voudrais pas écrire que c’est un quartier « difficile ». Ce serait triste. Le quartier est en pleine ébullition positive. J’y ai travaillé en 2003 et ai appris à le connaître. Plusieurs contrats de quartier tentent de combler les dégâts causés par la négligence passée et la construction du métro. Plusieurs initiatives socio-culturelles donnent un certain souffle. Je pense au Vaartkapoen (VK), à la Maison des cultures et de la cohésion sociale, aux maisons de quartier (dont Bonnevie), à La Rue

C’est aussi un quartier à la population assez jeune. Mon aînée y croise et y joue déjà avec des enfants de son âge. La mixité sociale y est en marche mais reste un beau défi à mettre en pratique.

Les commerces de proximité y sont légion. Pas besoin de prendre une voiture pour acheter son pain. Et les transports en commun sont nombreux et presque assez fréquents. Et tout est près à pied.

Samedi, avec la locale ECOLO de Molenbeek, j’ai visité le quartier avec un regard politique. Sarah Turine, Didier Coeurnelle, Myriam Hilgers et les autres militants.

Je vous en reparlerai régulièrement.

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