cc-Jaume-dUrgellDécidée à mettre un terme à la dualisation sociale, le Conseil des Ministres de l’Union européenne a frappé un grand coup dans la nuit de dimanche à lundi. Elle a mis en place un plan de lutte contre la pauvreté de 750 milliards €. STOP. Erase and Rewind. Ceci est une fiction. En Europe, on sauve les banques, on sauve la monnaie. Pas les gens. Un article extra de Jump, magazine d’ecolo J.

L’Europe n’est pas sociale. Ce n’est d’ailleurs pas sa vocation initiale. Dès le Traité de Rome en 1957, la base, c’est l’économie, avec la paix en filigrane. Par la suite, le social reste le grand absent. Bien sûr les travailleurs peuvent circuler. Et un chômeur d’un pays peut espérer chercher un job et éventuellement disposer d’allocations dans un autre.

Pause. Dressons un rapide bilan:

  • Salaire minimum: 114€ par mois pour un temps plein en Roumanie.
  • Durée du travail: une directive européenne fixe un maximum de 48 heures par semaine. Si peu ?
  • Dumping social: une entreprise d’un État membre qui envoie ses travailleurs ailleurs dans l’Union doit respecter un noyau dur de règles de protection. Mais pour les salaires, la flexibilité… Le chantage est omniprésent : « si vous ne faites pas d’efforts, les actionnaires vont délocaliser ».
  • Les délocalisations d’entreprises à l’intérieur de l’Union ? Possible, sans aucun remboursement des aides publiques. Pire, avec souvent de nouveaux subsides à la création d’entreprises dans le pays accueillant.
  • Concertation sociale : des comités d’entreprises européens obligatoires dans les multinationales d’au moins 1000 salariés. Depuis le Traité de Maastricht, les partenaires sociaux peuvent édicter des conventions. Exemple : congé parental, temps partiel, contrats à durée déterminée.
  • Maigres consolations: obligation de coucher les contrats de travail sur papier, normes de sécurité et de santé sur le lieu de travail, encadrement de l’emploi des moins de 18 ans.
  • Privatisation à tout crin : pour ne pas libéraliser les services aux personnes (non-marchand), les Etats doivent se justifier.

L’Europe sociale reste donc un mirage. Dès qu’une crise arrive, les acquis sociaux fondent comme neige au soleil…de Grèce, avec des pensions passant de 800 à 500€.

Mais au fond, qui veut vraiment d’une Europe sociale ? La Commission européenne endosse le rôle du méchant flic, qui fait le sale boulot (libéralisme) à la place de gouvernements nationaux. Un bouc émissaire parfait, pourtant reflet de nos votes nationaux.