Plus de 100m² de banderoles de publicité parfaitement illégales dans un quartier d’habitations, à deux pas de la maison communale de Molenbeek. La commune veut-elle vraiment faire respecter le règlement régional d’urbanisme ? Ou considère-t-elle l’œuvre d’un commerçant comme une fatalité, un mal nécessaire ?

Pour la troisième fois cette année, le 30 juin, d’immenses bâches publicitaires ont été hissées sur deux pans entiers du bâtiment à l’angle du quai des charbonnages et des rues de l’avenir et du chien vert à Molenbeek. Les façades donnant sur la fréquentée Petite ceinture arborent habituellement une fresque monumentale représentant un bateau en mer. A présent, l’espace public s’en trouve totalement défiguré.

Infractions urbanistiques

L’affichage publicitaire en Région bruxelloise est sérieusement cadré par le règlement régional d’urbanisme, le RRU pour les initiés. Les bâches présentes au coin de ma rue enfreignent ce texte à plusieurs titres.

Tout d’abord, elles recouvrent toutes les fenêtres, du premier au grenier. Interdit par l’article 4, 6ème alinéa, 2ème chapitre.

Ensuite, cela nuit à l’habitabilité des lieux. Le bâtiment pourrait servir de logement. Il est vide et la pub n’aide pas à ce qu’il trouve preneur comme ensemble de logements. Article 6 enfreint.

Enfin, sa taille, supérieure à 1m², 2 fois 50m² en l’occurrence, enfreint l’article 11 du chapitre 3.

Réaction de la commune sans effet

Sollicitée par des riverains, le service urbanisme molenbeekois et son échevin Dominique Bastenier (MR-FDF), reconnaissent l’illégalité du dispositif et assurent avoir dressé procès-verbal dès le 1er juillet. 20 jours plus tard, force est de constater que les bâches continuent à dégrader l’environnement visuel. L’Autorité va-t-elle procéder à l’enlèvement aux frais du contrevenant, comme cela se fait pour des antennes paraboliques placées par de simples citoyens ? Prévoit-elle de taxer le dispositif, dans une perspective de dissuasion ? A ces questions, la commune ne répond pas…

Il y a fort à parier que cette fois comme les précédente, la société responsable de cette infraction table sur un temps de prise d’action supérieur à la durée de la promotion dont question (soldes de juillet). Dans une semaine, elle espère sans doute que l’Urbanisme n’aura pas agi, en tous cas pas au delà du simple constat. Elle pourra alors enlever ses gigantesque bâches illégales, sans plus de conséquences.

Une force inefficace ?

L’air de rien, ce laisser-aller, ce laisser-faire, ici sur une préoccupation qui peut sembler anecdotique, participe au sentiment général des habitants de cette entité de 92.000 habitants: la commune est impuissante. Enfreindre la loi, pour ceci ou pour des faits plus graves, semble impuni.

Dans cette problématique comme dans d’autres, au bourgmestre et aux échevins (majorité PS-SP.a-CDH-CD&V-MR-OpenVLD) de nous démontrer qu’ils ne sont pas simplement impuissants !