Une voiture garée 95% du temps. Des tonnes de polluants dégagés au mépris de la santé des habitants. Des frais énormes en assurances, litres d’essence et autres redevances (sans compter les impôts pour payer les routes et parkings publics). Un stress régulier dans les embouteillages et dès lors, des trajets finalement assez longs. Stop ! En janvier 2011, notre famille a décidé de franchir le pas. Nous avons vendu notre Citroën Berlingo et sommes passés aux voitures partagées via la société Cambio. Bilan, explications et calculette d’un utilisateur qui en redemande.

Le principe de car-sharing Cambio est simple et écologique. Plusieurs ménages se partagent une flotte de voitures. On réserve la voiture de son choix par internet ou téléphone. On se rend dans l’une des près des nonante stations de la Région bruxelloise (aussi en Wallonie, Flandre et Allemagne). On ouvre l’auto avec une carte magnétique. On démarre. Une fois par mois, on reçoit la facture. Tout est compris.

Moins de kilomètres, mieux pour la planète

Après une inscription et une séance d’information d’une heure, nous avons rejoints les désormais 8026 abonnés de Cambio à Bruxelles. Nous n’avons pas tellement moins bougé mais nous l’avons mieux fait. Sur 12 mois, nous avons effectué 40 réservations. Entre 1 heure et 3 jours. Entre 4 et 300 km. 2217 km au total. Pour les vacances, nous avons opté pour le TGV: on gagne un temps précieux et on évite la route et les étapes. Tout cela demande un peu d’organisation. Mais quand on a des enfants, il en faut quoi qu’il en soit. 9 fois sur 10,  la veille ou le jour-même de la réservation, une voiture était disponible près de chez nous.

Pratique

Pas besoin de se demander où est garée l’auto et si quelqu’un aura brisé la vitre pour y voler. Ni d’effectuer l’entretien. Ni de payer l’assurance, ni la taxe de circulation. Pour faire le plein, une carte commune de retrait est fournie. Lorsqu’on rend la voiture partagée, , la place a été réservée par un poteau amovible. Pas besoin non plus de se rendre au car-wash ou de pester contre soi-même parce qu’on devrait le faire. Cambio se charge de tout.

Des utilisateurs assez respectueux

Trois fois sur quatre, la voiture est impeccablement propre à l’intérieur. Parfois,  il reste quelques miettes ou traces de chaussures d’enfants sur les sièges arrière. Chacun est censé nettoyer, mais avec les enfants qu’il faut gérer, ce n’est pas toujours le cas. Cambio aspire régulièrement et sanctionne les utilisateurs au besoin.

Des voitures en état correct

Le client de Cambio n’a pas une voiture mais peut en utiliser une multitude. De la petite Ford Fiesta pour faire les courses au monospace Opel Zafira pour emmener les enfants et les cousins en week-end. Un meuble à transporter ? Vous choisissez ce jour-là une sorte de Renault Express.

Les voitures sont bien entretenues. Leurs âges dépendent des stations. Dans mon quartier, à la station Comte de Flandre à Molenbeek, les véhicules sont pour l’instant assez vétustes et manquent de reprise en hiver. Mais je ne suis jamais tombé en panne. Pour un trajet plus long, je me rends à la station Dansaert, sur Bruxelles-ville. Là, certaines voitures n’ont que quelques milliers de kilomètres.

Aussi avec les enfants

« Et avec les enfants, ça va aller ? » Quelques amis étaient dubitatifs. Nous aussi, un peu, pour dire vrai. Au final, la station se trouve à 200 mètres de la maison. C’est un facteur de réussite indispensable. Pour les sièges, nous avons opté pour des sièges compacts qui se rangent dans de petits sacs à dos assez légers. Ils s’installent facilement. Deux jouets et une tenue de rechange suffisent pour une journée chez des amis qui habitent dans une zone mal desservie par les transports en commun. En évitant de prendre l’inutile, la quantité de bagages est limitée.

Et pour les excursions, cela fonctionne également. En effet, soit nous prenons une voiture partagée. Soit on prend un train et on marche un peu. Nous avons testé Paradisio /Pairi Daiza. Gare à 900 mètres. Une heure de trajet dans les deux cas. Pour les enfants, le train, c’est l’aventure, la fête. Et le prix du parking économisé donne à chaque membre de la famille une boule de glace supplémentaire ! Miam.

Combien me coûtait ma voiture individuelle ?

Mine de rien, posséder une voiture, ça pompe. L’environnement et les ressources naturelles. Mais aussi le porte-feuille:

  • Amortissement: 800€.(Prix d’achat de notre voiture d’occasion – prix de revente) / durée, le tout annualisé.
  • Perte d’intérêt: 85€, puisque l’argent pour acheter l’auto aurait pu produire des intérêts bancaires.
  • Assurance: 570€.
  • Taxe de circulation: 133€.
  • Essence: 1152€ pour 8000 km (9 litres à 1,6€ / 100km).
  • Entretien: 100€ (on n’avait pas encore eu de gros frais).
  • Carwash: 30€.
  • Vacances: péages, étapes (hôtels): 300€

Total pour la voiture que je possédais: 3170€/an, soit 264€/mois

Combien me coûte les voitures partagées ?

Il y a donc des frais d’abonnement.  Un prix pour les heures. un prix au kilomètre. Pour les vacances, nous partons en TGV (5 heures au lieu de 2 jours de trajet !) et nous louons une auto sur place pour découvrir la région. En détails:

  • Abonnement Cambio: 288€ (24€/mois). Nous avons la formule Comfort, la plus chère en fixe mais la moins chère à l’usage. Pour 2 utilisateurs.
  • Trajets Cambio: 864€.
  • Réduction de franchise: 90€. Une option qui réduit le montant en cas d’accident de 1000 à 200€.
  • Trains: 200€
  • TGV vacances: 384€.
  • Location auto vacances: 399€.
  • Essence vacances: 288€

Total avec les voitures partagées: 2513€ soit 209€. Par rapport à l’auto que je possédais: mon gain s’élève à 657€/an, soit près de 55€/mois.

Un comportement écologique

On l’a vu dans cet exemple, le choix écologique est ici moins cher. Au fait, en quoi est-ce écologique ?

  • Au lieu de produire plusieurs voitures, on en produit qu’une qui est partagée entre de multiples utilisateurs. Gain de ressources naturelles, à commencer par les métaux, les plastiques (pétrole) et l’énergie pour les transformer…
  • Au lieu de remplir l’espace public avec des places de parking, on le rend à terme disponible pour les piétons, les vélos, les plaines de jeux…
  • Ne pas posséder de véhicule incite à réfléchir et à privilégier les déplacements en mode doux…
  • Moins de kilomètres parcourus, c’est moins de gaz à effet de serre qui détruisent la santé de ceux qui les respirent, à commencer par les enfants et les personnes âgées.

Par ce type de choix, chacun peut contribuer à une transition écologique de l’économie. Plus besoin de posséder un bien pour pouvoir l’utiliser. C’est l’économie de fonctionnalité. Quand ils gouvernent, Ecolo et Groen la pratique très concrètement. C’est la cas dans les Régions. Si vous le souhaitez, après les élections communales 2012, ce sera également le cas dans davantage de communes. A Molenbeek, nous y sommes prêts !