Source de l'image: http://www.premiereligne.ch/Une société sans aucune drogue, ni aucun risque, cela n’a jamais existé. Pour beaucoup, ce serait sans doute un peu triste, d’ailleurs. Pour promouvoir la santé des usagers de drogues, une autre approche se répand depuis les années 80: « la réduction des risques ».

S’abstenir totalement de faire l’amour. Plus personne n’imaginerait plus aujourd’hui cette seule « solution » pour éviter la propagation du SIDA. Le préservatif est devenu un réflexe totalement évident.

Ce qui est vrai pour les infections sexuellement transmissibles ne l’est pas encore pour les drogues. Et pourtant, tout le monde n’a pas envie de renoncer à consommer de l’alcool, du tabac, du cannabis, de la cocaïne ou encore à s’adonner aux jeux de hasard. Et le discours sur l’ « enfer de la drogue » ne suffit de toute manière pas à lui seul à éviter la consommation. Quand quelqu’un consomme, que lui dire: « Arrête! » ? Illusoire ! Le laisser en plan ? Le mettre en prison ? Un peu court…

Responsabiliser…

A côté de la prévention, plusieurs associations développent une autre approche, complémentaire: la « réduction des risques ». Ce n’est pas parce que quelqu’un s’injecte de l’héroïne qu’il doit attraper une hépatite. Ce n’est pas parce que quelqu’un fume un joint qu’il doit se retrouver dans le fossé après un accident. Ce n’est pas parce que quelqu’un se drogue que les professionnels de la santé ne doivent plus le conseiller.

Voilà pourquoi dans les lieux de fêtes, les festivals, les maisons de jeunes, les écoles, les prisons… des professionnels et des volontaires responsabilisent les consommateurs, leurs amis, leurs familles. Sans faire la morale, sans juger.

… sans juger

En distribuant des brochures, en menant des séances de sensibilisation, ils informent le plus complètement possible les citoyens des risques et de la manière de les réduire. Aux consommateurs de décider en connaissance de cause et d’adapter éventuellement leur comportement pour prendre soin d’eux-mêmes et de leurs proches, en évaluant à chaque fois, tant le produit lui-même, que son usage et le contexte dans lequel il est consommé.

Un pas plus loin, il s’agit également de proposer du matériel pour limiter les risques: des seringues, des kits de sniff, du testing de produits, des alertes sur des drogues particulièrement dangereuses ou plus simplement, de l’eau.

Au final, la réduction des risques, loin des polémiques régulières sur son côté prétendument incitatif, sauve des vies.

Article que j’ai initialement rédigé pour le magazine des jeunes Ecolo (Ecolo J) “Jump” de juillet 2012. A dévorer du début à la fin ici: http://www.ecoloj.be/?no9-juillet-2012