Tristan RobertiCadet de la liste verte bruxelloise pour la Chambre (16ème effectif), Tristan Roberti vogue de Watermael-Boisfort (où il est conseiller communal) à Ixelles, où il étudie le Droit à l’ULB.

Mettre le paquet sur les jeunes, fixer des critères clairs de régularisation des sans-papiers, favoriser les peines alternatives à la prison…avec ou sans Robert Mailleux, Tristan s’y engage ! Nouvelle interview d’un candidat que j’ai la chance de connaître.

Comme tu es président d’ECOLO-ULB, j’imagine que tu axes ta campagne sur les jeunes. Au-delà des slogans ou des sourires « Pepsodent » trop souvent vu ailleurs, que proposes-tu pour les jeunes ?

Je les invite à s’intéresser à la société qui les entoure. Une des difficultés est la complexité de l’organisation de l’Etat. Je pense que de courtes formations spécifiques pourraient être insérées dans l’enseignement obligatoire pour permettre aux jeunes, par exemple, de mieux saisir les enjeux des élections.

Je crois aussi que les pouvoirs publics doivent donner les moyens aux initiatives portées par la jeunesse pour exister (subsides ou mise à disposition d’ infrastructures).

Si tu ne pouvais faire passer qu’une seule loi dans la prochaine législature, quelle serait-elle ?

Cette priorité du programme d’ECOLO : « La Belgique fixera des critères clairs et objectifs, connus de tous, en matière d’asile, d’accès au territoire, de séjour et d’éloignement, de protection subsidiaire, de mise en place d’une commission indépendante de régularisation. Les centres fermés seront supprimés. ». Je trouve que la situation actuelle des personnes en demande de régularisation n’est pas digne d’une démocratie du 21ème siècle.

Allez, soyons sympa. Tu as droit à une seconde loi.

Etudiant en droit, j’ai souvent entendu mes professeurs dirent le manque de foi qu’ils avaient en l’efficacité des peines de prison. Je pense qu’une société moderne se doit de réfléchir à cette question et d’envisager, pour les délits les moins graves, des peines alternatives qui n’entravent pas les chances du condamné de se réinsérer dans la société par la suite.

ECOLO au gouvernement, ça changerait quoi ?

Tout dépend avec qui bien sûr, et sur base de quel programme de majorité. Mais je pense qu’ECOLO est l’empêcheur de tourner en rond. Si je peux ne donner qu’un exemple précis, je prendrais la situation des sans-papiers. Si entre 1999 et 2003 (période du gouvernement arc-en-ciel), la situation des sans-papiers ne s’est pas beaucoup améliorée, il y a tout de même eu, sous l’impulsion d’ECOLO, une régularisation one-shot importante. Depuis 2003, ECOLO n’est plus au gouvernement et la politique de l’immigration s’est lourdement durcie.

ECOLO dans l’opposition, une voix perdue pour ses électeurs ?

Sûrement pas ! Depuis 2003, ECOLO dans l’opposition fédérale, a seulement 4 députés (dont 3 femmes) et 2 sénateurs. ECOLO s’est fait la voix de nombreux mouvement sociaux : la lutte contre les discriminations, le droit des homosexuels, la défense des riverains de Zaventem, l’opposition au pacte des générations, la défense de Bahar Kimyongür, la défense des services publics, les sans-papiers, la lutte contre la chasse aux chômeurs, la déontologie politique…

Une étude démontre que nos députés sont les plus actifs à la Chambre. Nous avons donc accompli notre travail d’opposition constructive consciencieusement. Cela met des balises à l’action du gouvernement et renforce donc la démocratie.

Quelle ultime question les citoyens doivent-ils se poser avant d’entrer dans l’isoloir, le 10 juin ?

Le repli sur soi et l’individualisme OU une société solidaire et résolument tournée vers l’avenir ?

23 ans, n’est-ce pas un peu court, jeune homme, pour être député…

J’ai toujours plaidé pour que les citoyens s’approprient la politique. Il faut civiliser la politique. C’est la raison de mon engagement. Je pense que la démocratie ne peut réellement fonctionner que si on prend le temps de comparer les programmes, les discours mais surtout l’action des partis politiques.

C’est vrai, je n’ai pas encore beaucoup d’expérience. Mais j’apprends tous les jours. Que ce soit au travers de ma fonction de conseiller communal, de l’engagement étudiant ou tout simplement des rencontres que la vie m’amène à faire. Et si je suis élu, je travaillerai positivement à l’avancement de nos préoccupations : une Belgique verte, solidaire et démocratique.

Le blog de Tristan Roberti