Anne HerscoviciPour elle, l’écologie politique est naturellement sociale. Militante de chez militante, sociologue, Anne Herscovici a fait ses classes au Parti communiste. Puis, comme elle le dit, « une page de l’histoire s’est tournée ». C’est chez ECOLO qu’elle poursuit, dès 1994, le combat pour l’émancipation, la participation et la juste répartition des richesses.

Aux dernières communales, la présidente du CPAS d’Ixelles a fait un tabac. Aujourd’hui, Anne Hersco se présente à la Chambre, à la 3ème place de la liste verte pour Bruxelles-Hal-Vilvoorde (BHV) .

J’ai rarement rencontré une personne aussi passionnée et à l’écoute. Et pas seulement à l’écoute des questions du jeune blogueur que je suis…

 

Une candidature au fédéral après avoir brillement développé le CPAS de ta commune (Ixelles), c’est un prolongement ?

Sûrement! Les CPAS peuvent aider les personnes à faire face aux accidents de la vie, combattre les conséquences de la pauvreté. Mais ils n’ont que peu de prise sur les causes de la pauvreté, qui ne sont pas des accidents.

Je veux agir au niveau fédéral parce que c’est là qu’on peut initier des changements politiques majeurs pour prévenir la pauvreté, pour garantir un niveau de vie décent à tous et pour assurer l’émancipation des personnes.

Si tu ne devais déposer qu’une seule proposition de loi à la Chambre, ce serait laquelle ?

Mettre fin à la discrimination à l’égard des allocataires sociaux classés “cohabitants”. Ce statut pénalise la solidarité et brise les familles. Il dissuade des personnes, jeunes notamment, de louer un logement en commun pour faire face au niveau trop élevé des loyers. Il pousse des couples à se séparer, au moins officiellement, pour bénéficier chacun du taux isolé. Beaucoup de pères finissent ainsi par ne plus voir leurs enfants.

Allez, soyons sympa, un second projet de loi. Quel est ton souhait ?

Imposer le placement de filtres antiparticules sur les moteurs diesel. Les particules fines émises par ces moteurs, de plus en plus nombreux, pénètrent au plus profond des poumons et sont responsables du décès prématuré de plus de 6.000 Belges par an. Pour les particuliers, des primes substantielles devraient être accordées pour les aider à acquérir ce dispositif.

Mais je n’ai pas la moindre intention de me limiter à deux propositions.

ECOLO au gouvernement fédéral, ça changerait quoi ?

Un rapport de forces. Une présence d’ECOLO au gouvernement décuplerait notre capacité à faire progresser les dossiers qui nous tiennent à cœur.

Mais une présence au pouvoir ne suffit pas à elle seule. Le poids des Verts dans un gouvernement dépendra aussi de sa capacité d’agir en liaison avec les citoyens actifs en faveur de nos objectifs communs, dans les associations, les syndicats, etc. ECOLO au gouvernement, ce n’est pas le farniente pour les citoyens.

ECOLO dans l’opposition, une voix perdue pour celles et ceux qui l’ont choisi ?

Il n’y a pas de voix perdue en démocratie. Du moment qu’on soutient des partis et des candidats porteurs de projets sérieux. Un parti d’opposition fort est un relais plus efficace du mouvement social. Il prépare des changements futurs. L’argument de la voix perdue favorise d’abord le conservatisme.

Trois petits mots pour convaincre les visiteurs de voter pour toi ?

Ouverture, dialogue, détermination.

Quelque chose à ajouter ?

Vivement le 11 juin.

Le blog d’Anne Herscovici