Après trois ans de travail au service des Molenbeekois, je pense qu’il est nécessaire de partager avec vous un premier bilan à mi-mandat de notre action en faveur du logement dans la commune. Si de nombreux projets ont été lancés et que certaines réalisations sont déjà visibles, je reste convaincu qu’il nous reste encore beaucoup de chantiers à mettre en route afin de concrétiser le droit au logement pour tous. Bonne lecture.

Axe 1 : Favoriser l’accès au logement pour tous et renforcer la mixité sociale dans nos quartiers

Pour les publics ayant le plus de difficulté d’accès au logement nous avons initié l’ouverture de 900 logements à gestion publique et à finalité sociale d’ici 2019. Pour ce faire, nous avons adopté notre plan de développement, le « Contrat Logement ». Avec les opérateurs régionaux, nous avons ainsi renforcé la mixité sociale sur l’ensemble de la commune. Un meilleur équilibre est recherché entre tous les types de logements, tant en ce qui concerne les différents niveaux de prix (social/moyen), que les initiateurs (publics/privés), que leurs occupations (locataires, propriétaires).

On compte depuis fin 2012 l’ouverture de 114 logements nouvellement pris en gestion par les agences immobilières sociales et de 165 nouveaux logements publics (passifs ou basse énergie) : Candries-Lemaire, Liverpool, Houilleurs, Avenir, Gand, Jubilé, Decock, Mariemont, De Bonne/Enghien… Fonds du Logement, Propriétés communales, Logement Molenbeekois, MAIS, sont impliqués.

Chaussée de Gand: une crèche et des logements communaux

Chaussée de Gand: une crèche et des logements communaux flambant neufs

Nous avons également inaugurés avec l’association Community Land Trust le premier bâtiment en Europe continentale de logements acquisitifs sociaux non spéculatifs à l’angle Mariemont/Ninove.
Nous avons signé plusieurs nouveaux projets innovants dont:

  • Campine/ Van Malder : 8 logements intergénérationnels
  • Condor/Mettewie : 61 logements sociaux et moyens, dans le cadre de l’Alliance Habitat
  • Gare de l’Ouest (90 logements AIS, dont 50 studios destinés à des jeunes en insertion et 40 logements moyens acquisitifs CityDev).
  • Perle, Vandepeereboom/Quatre-Vents : 85logements conventionnés sociaux et moyens (AIS, CLT, Fonds du Logement).

Les bâtiments créés veillent aussi au développement durable et à la mixité de fonctions : matériaux sains, usage expliqué aux habitants via les « Ambassadeurs du passifs », récupération d’eau de pluie, panneaux solaires, espaces verts collectifs, bars à soupes, salles communautaires, école d’immersion, laveries… ouverts sur les quartiers.

Une information renforcée a également permis à bien davantage de Molenbeekois de devenir propriétaires. Le nombre de prêts au Fonds du Logement a explosé : 388 depuis fin 2012.

Alors que la crise frappe, nous avons lancé pour 2016 une prime pour les propriétaires molenbeekois qui habitent leur seul logement. Ils retoucheront 100€ en moyenne chaque année. Cette prime concerne également les logements régulés par les agences immobilières sociales.

Parallèlement, nous poursuivons la rénovation des logements sociaux. La Cour Saint-Lazare a été entièrement remise à neuf (83 logements dont 40% pour les familles nombreuses au lieu de 180 minuscules appartements). Nous avons également décidé que la Tour Brunfaut serait entièrement rénovée, pour faire place à autant d’appartements, mais adaptés aux besoins d’aujourd’hui, plus lumineux et moins chers à chauffer. Toutes les portes d’entrée des bâtiments de logements sont maintenant sécurisées.

Par ailleurs, afin de répondre aux situations les plus critiques, nous avons augmenté le nombre de logements temporaires. En plus de l’hôtel social (violences conjugales et sinistres), de 16 transits, nous sommes passés à 25. L’articulation Commune-CPAS-AIS a permis de lutter de reloger plus de victimes de l’insalubrité, de mener des opérations-tiroirs de rénovation, de créer des partenariats associatifs de logements d’insertion : sans-abrisme (housing first), toxicomanie, grande famille en errance.

En parallèle, l’accompagnement social des locataires a été intensifié pour tous les logements publics.

Nos projets d’avenir :

  • Poursuivre le Contrat logement et  la participation à l’Alliance Habitat régionale, par la mise à disposition de terrains et la recherche de sites industriels à reconvertir.
  • Mettre en chantier de la rénovation des sites de logement sociaux (Cité Diongre rurale etc.)
  • Porter une attention particulière aux copropriétés dégradées par le temps.

Axe 2 : Objectiver les conditions d’octroi

Trop longtemps, l’octroi des logements publics se faisait dans l’opacité la plus totale. Il en résultait de nombreuses injustices. Nous avons mis fin à ce système.

Les dérogations au sein du Logement Molenbeekois ont été limitées aux situations vraiment socialement exceptionnelles.

Les logements communaux sont maintenant attribués au public modeste pour lesquels ils ont été construits. Les pouvoirs de la Commission apolitique d’attribution ont été élargis aux renouvellements, aux mutations (pour des habitations ni trop grandes ni trop petites) et aux radiations.

Une grille de loyers a vu le jour : les locataires de logements chers à chauffer paient moins et chacun peut et l’allocation-loyer a été introduite et généralisée.

Le politique n’attribue plus lui-même les logements de l’agence immobilière sociale (MAIS).

Nos projets d’avenir:

  • Un guichet unique de première inscription dans les logements publics de tous types ouvrira.
  • L’hôtel social communal adaptera son fonctionnement pour se rendre plus accessible.

Axe 3: Renforcer la participation et l’information

Inauguration du centre de prêt BonFix de Bonnevie avec le soutien de la commune

Le Conseil consultatif du logement s’est élargi aux maisons médicales ou encore aux associations de propriétaires (en plus des associations de locataires). Le Collège a maintenant l’obligation de le consulter pour tout règlement et de répondre à toutes ses interpellations.

Le Conseil consultatif des locataires du Logement molenbeekois participe maintenant, suivant une obligation régionale, aux décisions importantes.
Les associations spécialisées en logement sont davantage reconnues dans leur rôle complémentaire et critique de la politique du logement. Un budget de soutien aux projets associatifs a été créé. Il a soutenu la création d’un film d’habitants (Bonnevie/Alarm), le renouvellement du centre de prêt d’outils (BonFix), des ateliers sur les matériaux écologiques (La Rue), le Community Land Trust, la Maison des Habitants…

Axe 4: Lutter contre les marchands de sommeils et les spéculateurs

Le nombre d’agents communaux qui luttent contre l’insalubrité des logements a augmenté, de manière à mieux garantir la santé et la sécurité dans les quelques 38.000 habitations.

L’insalubrité dans les logements est dans le collimateur de la commune

Nous avons adopté un protocole de collaboration entre la Commune, le CPAS et la Zone de police, pour lutter contre l’insalubrité et les marchands de sommeil. Quatre outils sont en place : base de données des logements insalubres disponible en ligne pour tous les opérateurs, relevé systématique des logements non conformes lors des inscriptions d’habitants, alerte d’insalubrité pour prévenir les locataires de l’existence d’un arrêté d’inhabitabilité au guichet de la population, échanges réguliers entre opérateurs pour dénouer les situations les plus pointues.

A côté de l’information sur les primes à la rénovation (y compris via le réseau associatif indépendant), la taxation pour la minorité de propriétaires malhonnête a été rendue plus dissuasive (de 1500 à 2000€). La lutte contre la spéculation sur les bâtiments vides via la taxation a triplé. Celle sur les terrains vides, après un délai laissé au moment de l’achat, atteint maintenant 20€/m². Enfin, une convention a été signée avec la Région pour lutter contre les logements vides et une première action en Justice a été lancée contre un propriétaire particulièrement statique.

Résultat : les habitations dangereuses sont mieux identifiées et les propriétaires réparent ou adaptent plus souvent les logements.

Nous avons aussi montré l’exemple en signant des conventions d’occupations précaires (avec des artistes résidents ou des demandeurs d’asile) pour nos quelques bâtiments en attente de rénovation .

Pour permettre aux ménages avec enfants de continuer à habiter notre commune, nous avons décourager les propriétaires à diviser à outrance les habitations. Nous refusons les divisions qui suppriment des logements de 3 chambres au moins et taxons les logements surnuméraires (fantômes).

Nos projets d’avenir :

  • Intensifier le travail de la Cellule logement, en cherchant un renfort humain et en augmentant le nombre de logements de transit.
  • Organisation d’une information proactive aux locataires et propriétaires.

Encore une, Karim !