Avoir un toit, pouvoir se loger dignement et surtout jouir d’un véritable domicile, constitue souvent la porte d’entrée du processus de réinsertion dans la société pour les personnes sans domicile fixe. Le dispositif Housing First a été mis en place dans cette perspective il y a deux ans déjà par l’agence immobilière sociale de Molenbeek. A l’époque, tout le monde se tâtait. Comment réussir un projet aussi ambitieux avec des hommes et des femmes abimés par des années de souffrances dans la rue qui laissent des traces profondes sur les corps et les esprits?

Grâce au suivi psycho-médico-social intensif réalisé par les associations partenaires (Infirmiers de rue et SMES-B) mais aussi grâce au travail quotidien des équipes de la MAIS, le bilan s’est révélé plus que positif. En tout, une dizaine de personnes sans-abri ont eu accès au programme Housing First au sein de la MAIS. Dans la quasi-totalité des cas, l’expérience a été concluante et a permis à ses anciens SDF d’accéder à un logement définitif.

L’accès au logement est la base du rétablissement de la personne sans-abri. Accéder à un logement directement au sortir de la rue est le point de départ de la réinsertion des personnes SDF.  Un logement permet un réapprentissage de certaines bases de vie: payer son loyer, mettre en ordre sa situation administrative, mettre de l’argent de côté, prendre des rendez-vous chez le médecin, tisser des liens avec son quartier, etc.

Pour que le dispositif fonctionne, il est indispensable de trouver une vraie harmonie dans une relation à trois. La première pointe de ce triangle, c’est la personne sans-abri qui entre dans le logement. Elle porte avec elle le poids des mésaventures qu’elle a connu, la précarité, des souffrances physiques et mentales. La deuxième pointe : c’est l’association encadrante. A Molenbeek, nous travaillons avec deux associations (SMES-B et Infirmiers de rue). Leur rôle est d’accompagner bien souvent les personnes dans la rue, d’identifier leurs besoins, de les conduire jusqu’au logement et d’assurer le suivi psycho-médico-social de ces personnes. Enfin, la troisième pointe du triangle est le bailleur. Essentiel pour que cela marche. En effet, sans l’implication d’une AIS comme la MAIS, il est difficile pour les associations de trouver des bailleurs privés prêts à accepter un locataire qui est sorti directement de la rue. La MAIS propose dans un premier temps des conventions d’occupation de transit. Au terme d’une période d’évaluation, le locataire se voit alors proposer un bail définitif classique de type 3-6-9.

En cette journée mondiale de lutte contre la misère, il me semblait important de parler d’un programme positif et efficace qui permet d’inscrire la réinsertion des anciens sans-abri dans la durée.


Encore une, Karim !