emir kirMentionner son nom dans une publicité gouvernementale pour faire sa propre pub? C’est ter-mi-né ! Le Parlement bruxellois a adopté une ordonnance en ce sens, ce vendredi 5 décembre 2008. Merci Saint-Nicolas ! A ceux qui ont refusé de se soumettre à cette règle d’éthique, on enverra Père Fouettard.

Comme tout le monde, j’entends régulièrement des spots radios terminant par « avec le soutien de la Ministre de l’environnement » ou encore « une initiative du Ministre bruxellois de l’Emploi ». Dans cette architecture institutionnelle compliquée, quoique nécessaire, il me semble bien légitime de faire œuvre de pédagogie en mentionnant ce que font les niveaux de pouvoirs et à quoi servent nos impôts.

Par contre, mes oreilles sifflent souvent quand j’entends les noms des personnalités en question. C’est clairement de la propagande, plus fréquente encore en période électorale. 

Les plus fervents fans de l’utilisation de l’argent public à des fins de publicité électorales à Bruxelles portent les noms d’Emir Kir et de Françoise Dupuis, tous deux secrétaires d’Etat PS. Les mauvaises langues diront que c’est inversement proportionnel à leur action politique. Beaucoup de bruit pour rien…sauf pour leur égo. Tout cela n’était pas illégal mais vraiment limite par rapport à l’ordonnance d’avril 2004.

Vendredi, tout le Parlement bruxellois a serré la vis. MR, CDH et ECOLO ou presque. Les députés PS, spécialement au grand complet, se sont abstenus. Comme par hasard. A noter qu’ils avaient vraiment tout essayé. A l’issue des travaux en Commission, le ministre-président Charles Picqué himself avait pour la première fois fait usage de la possibilité d’un second passage en Commission pour tenter de faire, au minimum, adapter le texte. Raté !

La majorité alternative a ajouté à l’ordonnance deux alinéas visant à considérer comme promotion de l’image d’une personne, ou d’un parti, la mention de son nom, l’utilisation de son effigie, ou, dans le cas d’un parti, de son sigle, voire d’un symbole qui le caractérise (un nœud-papillon, un verre d’apéritif…), dans une communication s’adressant de manière non-nominative à un large public.

Je suis très content de cette avancée, qui va dans le sens de l’éthique. Cependant, la route reste longue. Rien n’empêche par exemple les bourgmestres à choisir la couleur de leur parti dans le magazine ou sur le site internet communal. Citons les sites bleus MR d’Etterbeek  ou d’Anderlecht ou le site amarante de Woluwé-Saint-Lambert. Des hasards, sans doute…