fleur cc groovysuviVous avez remarqué ? Quasi plus personne ne parle des intérêts notionnels. Vous savez, ce système de cadeaux aux entreprises. Voté par le MR Didier Reynders mais aussi par tous les députés PS, il permet aux entreprises de déduire de leurs bénéfices imposables un intérêt fictif calculé sur leurs fonds propres.

Un montant fictif qui vient bien souvent gonfler les dividendes versés aux actionnaires. Un cadeau que l’Etat fait sans aucune garantie de création d’activités ou d’emplois.

Pire, les sociétés qui licencient aujourd’hui ont bien souvent bénéficié des largesses publiques (Dexia, 40 millions d’euros d’intérêts, 500 emplois en suspens). Devront-elles rembourser ? Seront-elles sanctionnées ? Non, la majorité fédérale n’a même pas de débat là-dessus…

Les taux se resserrent ?

Au 1er janvier de cette année, le taux des intérêts notionnels pour l’exercice d’imposition 2010 (revenus de l’année 2009) vient de monter à 4,473%, contre 4,307 auparavant. Pour les PME bénéficient c’est maintenant 4,973%. Incroyable comme taux d’intérêt ! A votre banque, vous pouvez toujours essayer avec votre compte d’épargne (si vous avez la chance d’en avoir un).

La crise, bonne nouvelle ?

Et la crise dans tout cela ? Et bien, c’est plutôt une bonne nouvelle pour les entreprises. En diminuant la masse salariale, en reportant des investissements à plus tard, elles maintiennent des fonds propres qui rapportent des intérêts notionnels. Voilà une des raisons pour lesquelles elles évoquent très peu un renforcement de la formation de leur personnel ou une intensification de la recherche et de l’innovation, ces jours-ci. Dommage, demain, cela aurait assuré une nouvelle prospérité.

L’argent public doit servir l’intérêt public

Quel rapport avec la Région Bruxelloise pour laquelle je suis candidat-député me direz-vous ? Et bien, pour moi, c’est un exemple à ne pas suivre. L’Etat ne devrait jamais disperser de l’argent public sans obtenir de garanties fermes sur la manière dont il sera utilisé. Pas d’argent public sans vraies garanties pour l’emploi, pour la concertation sociale, pour l’environnement.