citizen jobs bruxellesCet après-midi, j’ai visité à Tour et Taxis, à Bruxelles, le Salon de l’emploi et de l’associatif, Citizen Jobs. C’était l’occasion de croiser bon nombre de collègues du secteur non-marchand (je travaille moi-même dans un syndicat). Des connaissances de l’alphabétisation, de l’aide à la jeunesse, de la formation… 

Vous me direz peut-être : « vous êtes bien gentil avec vos petites associations ». Je vous répondrai que la Région bruxelloise accueille 280.000 emplois non-marchand au sens large (dont les services publics) et 130.000 au sens strict : écoles, unifs, hôpitaux, aide sociale, aide aux personnes handicapées, entreprises de travail adaptés, économie sociale, assuétudes, promotion de la santé, travail de rue, ONG, associations diverses… 21,% des emplois salariés de la capitale (en augmentation de 11% en 5 ans) et 13,5% de la richesse produite.

Similarité avec le profil du demandeur d’emploi bruxellois

Cerise sur le gâteau : il s’agit avant tout d’emplois locaux. 57% sont occupés par des Bruxellois.  Un taux bien plus élevé que dans le reste de l’économie de la capitale (navetteurs). Autre adéquation par rapport au marché du travail de la capitale : 70% sont des emplois qui ne nécessitent pas de diplômes élevés.
J’ai aussi assisté à la conférence organisée par Citizen Jobs : « Le non-marchand face à la crise ». Il réunissait Benoît Cerexhe (Ministre CDH), Thomas Lemaigre (agence Alter), Nathalie Kother (ideji), Bruno Gérard (UNIPSO), Tierry Vandebroek (POSECO) et Michel Genet (Greenpeace et ex-Credal). Voici quelques notes qui dénotent.

L’esprit d’entreprise humaniste

Le ministre bruxellois de l’Economie, le CDH Benoît Cerexhe y a salué « l’esprit d’entreprise » des professionnels du non-marchand. Un mot à faire frémir les opposants à la privatisation des missions d’intérêt général. Le Ministre humaniste en a aussi fait des tonnes sur l’aspect « humain » du secteur. Tiens, tiens…

Fonctions critiques

Les fonctions critiques, c’est-à-dire les emplois pour lesquels les employeurs peinent à trouver des candidats sont : les infirmiers, les professeurs de néerlandais et les éducateurs de rue.

La crise ?

La crise ne fait craindre qu’une partie du non-marchand : les entreprises de travail adapté (ETA) dont les commandes souffrent du ralentissement de l’économie…(ex : conditionnement de boîte de GSM ou de mailings publicitaires).

citizen-jobs-2007L’économie verte pourrait être plus non-marchande

En réponse à ma question sur l’économie verte qui, elle, ne connaît pas la crise, mes interlocuteurs, semblaient un peu embêtés. Les nombreux emplois verts restent peu non-marchand. Alors que les audits énergétiques et autres placements de panneaux photovoltaïques enrichissent des entreprises privées, les entreprises d’économie sociale en sont quasi totalement absentes.

Leur explication : proposer des produits technologiques demande la levée de beaucoup de capitaux, disposer de personnel serait difficilement compatible avec la réinsertion de gens moins qualifiés et le secteur devrait être rassuré sur la pérennité des primes et subsides avant de s’investir dans ses filières vertes.

D’ici quelques jours, je commencerai à vous livrer au compte-goutte nos propositions ECOLO pour une société plus durable, plus sociale, qui passe par le développement du non-marchand.