De Cureghem – An…

L’église Notre-Dame Immaculée d’Anderlecht est un édifice assez peu visible, enclavé dans un montage de maisons assez hautes et toutes proches. Pourtant, chaque jour, des milieux de personnes passent à proximité en circulant sur la chaussée de Mons ou en se rendant au marché des Abattoirs.

Peut-être avez-vous aperçu cette église le 4 juillet 2006 et les jours suivants, dans les journaux télévisés. Ce jour-là, Jacques Simonet, bourgmestre d’Anderlecht, a donné l’ordre d’expulser du bâtiment 48 personnes sans-papiers. Ces personnes, sans-papiers, se trouvaient en grande détresse. Fuyant des persécutions politiques, religieuses ou économiques de leurs pays, elles ne demandaient pas de sous, mais uniquement des papiers. Elles voulaient juste un peu de sérénité, le droit de gagner leur vie, de se nourrir, de se soigner, de se loger…comme tout le monde.

Pour toute réponse à leur détresse humaine, ces 48 personnes étrangères (dont 4 femmes et 4 enfants) seront brutalement expulsées lors d’une opération coup de poing, puis emmenées en prison (centres fermés comme le 127bis).

Plusieurs manifestations, une mobilisation de la députée fédérale Marie Nagy et de la section locale d’ECOLO (alors partenaire de Simonet au niveau communal, pas consultée), un coup de gueule de l’UDEP, du MRAX, de la CSC, de la FGTB et de La Ligue des Droits de l’Homme n’y changeront rien.

Pourquoi ?

Cette violente expulsion se produira comme par hasard le lendemain-même du vote de la loi Dewael en Commission de l’Intérieur. Une loi qui durcit le ton par rapport aux sans-papiers et ne définit aucun critère de régularisation, même individuelle. Trois mois avant les élections, Simonet aurait-il donc voulu rassurer la partie la plus à droite de son électorat en lui donnant des gages de “non-sympathie” à l’égard des étrangers ?

Jacques Simonet a affirmé que le curé Jan Claes avait demandé le départ des occupants de son église. Or, le Père lui-même a ensuite démenti et porté plainte contre le bourgmestre libéral.

Six bons mois plus tard, je suis sûr que la plupart des citoyens auront oublié…

Du côté du PS, au pouvoir depuis des lustres au niveau fédéral, Elio di Rupo affirme une nouvelle fois pince-sans-rire exiger que la régularisation fasse partie du prochain gouvernement. Electeur déçu par l’inaction du PS au gouvernement, ayez confiance…

Du côté d’ECOLO, on milite toujours pour une réforme de la procédure d’asile, dans les assemblées, concrètement.