alpha-cc-jessicareederLa première fois qu’on me l’a dit, j’avais peine à le croire. Je m’en doutais un peu mais j’ignorais cette proportion : 10% des adultes bruxellois ne peuvent lire et écrire en le comprenant un texte simple en rapport avec leur vie quotidienne.

Travailleur de l’alphabétisation durant près de deux années, j’ai fait de ce combat une de mes priorités majeures. Pas étonnant que j’ai participé à la rédaction de ce point du chapitre formation du programme d’ECOLO Bruxelles.

Imaginez… Cet article sur mon blog, vous ne pouvez le lire. Si je vous le montre, il signifie pour vous quelque chose comme #§}²<¨^µ ! Ca vous fait une belle jambe pour chercher du boulot (ou le conserver, surtout en temps de crise), suivre des formations qualifiantes ou les devoirs de vos enfants, exercer votre droit à la citoyenneté. Ce ne sera pas impossible mais plus difficile.

Des solutions durables face à l’illettrisme :

  • Dresser un état des lieux de l’ampleur et de la nature des besoins, de la localisation des besoins et de la distribution géographique de l’offre de formation en alphabétisation, ainsi que des méthodes pédagogiques.
  • Augmenter l’offre de formation de qualité en alphabétisation, par la multiplication de la capacité d’accueil de tous les opérateurs, dont le financement et la diversité doivent répondre aux besoins variés des différents publics.
  • Augmenter le nombre de formateurs en développant la capacité d’inscription au module de formation de formateurs existant sur le campus du CERIA.
  • Faciliter aux opérateurs de formation l’accès à des locaux adaptés.
  • Donner des moyens aux apprenants de s’organiser en associations d’apprenants, pour améliorer les formations et la sensibilisation.

Bien entendu, cette proposition s’articule dans une volonté d’émancipation globale des personnes : lutte contre la pauvreté, logements accessibles peu énergivores, revalorisation de l’enseignement, aide sociale etc.

Pan, pan !

A noter, un article que vient de publier l’excellent journal satirique « Le Pan » sur l’alphabétisation à Bruxelles.

Sans prendre la défense d’Alain Leduc, le mandataire accusé (totalement inactif au Parlement bruxellois), signalons qu’accueillir des citoyens en formation, c’est aussi se consacrer avec eux à leur intégration dans la société. On rencontre des gens qui ont souvent d’autres difficultés : familiales, psychologiques, de précarité… Ca prend du temps et demande des moyens importants.

Imaginer que les apprenants vont d’office être présents à tous les « cours », c’est méconnaître leurs situations initiales ou n’accepter en formation que les moins précarisés. Bref, céder à la facilité.