kidonaki2Déjà enfant, je me souviens des gens qui sonnaient à la porte pour déposer des sacs de vêtements pour Oxfam. Plus tard, par manque de place dans mon kot puis dans notre appartement, je me suis mis à vendre des objets sur iBazar puis sur eBay. Je voulais aussi éviter de jeter.

Alors, je suis plutôt séduit a priori par Kidonaki, un site d’enchères sans frais lancé ce jeudi 17 septembre 2009. Le site permet de soutenir des organisations non gouvernementales et associations comme 11-11-11, Solidarcité, les Infirmiers de rue, le Gratte ou Plan Belgique. Rencontre, quelques heures avant leur conférence de presse, avec Odile Bury et Xavier Campion, initiateurs de Kidonaki.

Kidonaki, un clone d’eBay de plus ?

Nous sommes un site d’enchères et nous espérons que, comme sur eBay, les internautes pourront faire de bonnes affaires et réutiliser des objets dont les propriétaires n’ont plus l’usage. Mais Kidonaki c’est surtout une manière inédite de faire un don sans dépenser d’argent et un espace où les associations peuvent décrire leurs projets et leur démarche à un public qui les connait déjà ou les découvre au hasard de son shopping.

Comment ça marche concrètement ?

Le vendeur met son objet en vente directe ou aux enchères, comme il le ferait sur eBay mais Il renonce au montant de la vente au bénéfice du projet qu’il souhaite soutenir. L’acheteur qui gagne l’enchère ou achète directement verse le montant de la vente directement sur le compte de l’association. L’association valide le paiement et l’acheteur et le vendeur sont prévenus qu’ils peuvent organiser l’enlèvement ou la livraison.

Plein de sites alternatifs à eBay se sont plantés…

kidonki3Kidonaki n’est pas un site alternatif à e-bay. Le vendeur eBay restera le vendeur eBay. Nous nous adressons au vendeur qui souhaite soutenir un projet associatif dans le domaine des relations Nord-Sud, de la santé, de l’action sociale ou de l’environnement. Nous parions que des personnes qui ne vendent pas sur eBay, le feront sur Kidonaki.

En plus d’un public engagé, nous voulons aussi toucher le même public qu’eBay, en proposant un espace de bonnes affaires.

Nous espérons aussi que le Kidonateur fera savoir autour de lui qu’il met en vente un objet sur le site afin de favoriser des échanges entre amis, entre voisins. Quand on met un mixer en vente sur eBay, on ne dit pas à son voisin, “tu n’as pas besoin d’un mixer ? j’en vends sur eBay”. Nous espérons que le Kidonateur le fera.

Comment vous est venue l’idée ?

Par surprise. L’un de nous a évoqué un site de don d’objets pour vider son grenier. Nous avions depuis longtemps l’envie de créer un espace permettant aux associations de présenter les projets qu’elles développent. Nous savions aussi que les associations cherchaient un moyen d’utiliser internet pour toucher de nouveaux donateurs et une alternative au versement permanent. Les dons classiques sont en baisse et les donateurs habituels de plus en plus âgés. Nous avons alors pensé mettre les objets en vente au profit d’associations.

Qui est à l’origine de Kidonaki ?

Deux sociétés de service actives dans le web depuis une dizaine d’années: y-media et Editem o3. Elles ont investi sur fonds propres pour ce projet, en temps et dans un outil informatique d’envergure.

Qui vous finance ?

Les cotisations des associations et le sponsoring. Le montant des cotisations dépende du nombre de salariés plein temps: même de toutes petites associations peuvent nous rejoindre et rentabiliser rapidement leur investissement. Nous sommes aussi soutenus par des  comme Cambio, Lampiris et la mutualité socialiste. Nous avons choisi d’en faire un projet commercial pour l’inscrire dans la durée et le professionnalisme.

Des ONG étaient déjà présentes régulièrement sur eBay. Pourquoi se priver de la vitrine qu’offre eBay vers un public moins convaincu par les ONG ?

Kidonaki offre un outils pensé en fonction de la démarche de récolte de dons. Les associations peuvent bien sûr y vendre des objets à leur profit mais surtout, elles permettent à leurs sympathisants de participer à cette démarche en toute transparence puisque l’argent est directement versé sur le compte de l’association.

Ya-t-il des commissions sur les ventes ?

Non, aucune. Une vente, c’est un don en cash pour une association.

Comment assurez-vous la sécurité des transactions ?

Il n’y a rien à gagner en terme financier à mettre en vente un objet sur Kidonaki. Cela permet d’éviter un certain nombre d’actes mal intentionnés. Nous avons mis en place un système de mails : un objet ne sera pas livré s’il n’a pas été payé à l’association, si un objet n’est pas payé au bout d’un certain nombre de rappels, la vente est annulée et l’objet est remis en vente. Il y a un système d’évaluation du vendeur et de l’acheteur. Et s’il y a un litige, nous interviendrons.

Si on manque de temps, peut-on vous donner directement des objets pour la vente ?

kidonakiPas encore, même si l’idée d’un lieu nous tente beaucoup ! Mais certaines personnes motivées se sont proposées d’être un relais dans leur quartier ou leur entourage moins à l’aise avec l’informatique. Si vous connaissez un entrepôt disponible, on est preneur.

Pour une association, n’y a-t-il pas un risque de s’appuyer sur  le public plutôt que sur des subsides ? A la limite, pourquoi  l’Etat financerait-il ce que les gens peuvent financer eux-mêmes ?

De nombreuses associations sont déjà dans la situation de devoir trouver la plus grande partie de leur budget par leurs propres moyens. D’autres se trouvent aujourd’hui dans une situation où la proportion fonds propres / fonds public est en train de changer. Surtout dans la coopération au développement, ils doivent d’urgence trouver de nouvelles sources de financement.

Kidonaki ne sera qu’une réponse très partielle à cette problématique mais nous espérons offrir aux citoyens une nouvelles manière de s’engager aux côtés de ceux qui essaient de construire un monde plus solidaire et plus équitable. Ce sera aussi l’occasion de donner un signal et de montrer qu’ils sont sensibles à l’action et aux thématiques du monde associatif.