reve-general-cc-h-de-c1Jump, le magazine des djeunes du parti vert est en cours de distribution sur les campus (et en téléchargement). On y trouve un dossier sur l’emploi. Voici l’article que j’y propose, publié sous le titre « Gagner sa vie, mais pas tant que ça ».

 

Les subsides à l’engagement permettent à des jeunes de trouver un emploi. C’est un fait. Mais elles les réduisent souvent à une précarité qu’ils auraient pu éviter.

Lutter pour l’emploi des jeunes. Qui s’y opposerait? Prenons la Convention de premier emploi, le Plan Rosetta. Lancé il y a 10 ans par le Gouvernement fédéral, en 1999, il vise à « donner une première expérience professionnelle à tous les jeunes, qualifiés ou non, à la fin de leurs études ». C’est beau. Trop pour être vrai.

Qui est cette Rosetta ? Une d’jeune qui n’a pas fait d’études, qui file d’un job à l’autre, vend des gaufres, vit chez un collègue ou dans une caravane et veut s’en sortir. Un film des frères Dardenne révélant Emilie Dequenne. Palme d’Or.  Automatiquement récupérée pour baptiser un enième plan d’embauche des jeunes. A priori, une initiative sympathique. On imagine un partenariat avec les Régions et les Communautés pour lutter contre l’échec scolaire, mieux orienter les élèves en fin de secondaire, investir dans la recherche et les nouvelles technologies, créer des emplois de proximité et de service public, former les moins qualifiés, vérifier que les employeurs ne demandent pas des supermen pour exercer des jobs qui ne nécessitent pas de superpouvoirs…

Précaire par contrat

jump2Et non, Rosetta se résume à obliger les employeurs du secteur privé à compter 3% de jeunes de moins de 26 ans. Les avantages profitent surtout aux employeurs. Ils bénéficient d’une main d’œuvre peu expérimentée aux salaires peu élevés et évitent une amende. Si l’engagé n’a pas le diplôme du secondaire supérieur, ce qui n’arrive qu’une fois sur trois (tant pis pour la vraie Rosetta), il touche même une réduction de cotisations sociales de 1000€ par trimestre, payés par la collectivité.

Mais le jeune engagé n’a qu’à bien se tenir. On lui déconseille de l’ouvrir trop ou de descendre sous les 50 heures/semaine payées 38. Son contrat est généralement à durée déterminée d’un an. Avec une clause d’essai de 6 mois, durant laquelle il est éjectable en 7 jours. Après un an, il sera généralement jeté comme un vieux chiffon. Lui éviter la précarité n’aura donc été que relatif et temporaire. Paradoxal.

Et alors, me direz-vous, il faut bien commencer par quelque part dans sa vie professionnelle, non ? Sauf que bien souvent, le jeune, dynamique et au regard neuf, aurait été engagé de toute façon. Avec un vrai contrat, à durée indéterminée. L’objectif est donc loupé.