Ce coup-ci, je suis bien décidé à ne plus décoller dans les derniers. Il y a une fenêtre libre pendant le premier quart d’heure. Ne pouvant espérer une meilleure place que 116 sur 140, je me précipite dans la file, ou je n’arrive à me placer que 40-50ème. Je décolle dans une atmosphère beaucoup plus instable et cyclique, cumulus obligent. Ils sont bas, d’ailleurs. Au bout d’un quart d’heure, j’arrive à prendre un truc qui me fait gagner 400m, assez pour rejoindre le Peñon. Je perd plein de gaz en chemin, heureusement je me ramasse du +6m/s au Peñon rien qu’en passant devant, en un aller retour je suis déjà en train d’enrouler le thermique du dessus. Quand j’ai assez de hauteur, je passe au Wall, en faisant les grandes oreilles, parce que les nuages bas aspirent bien. Quand je suis hors de la zone d’influence, je relache les oreilles, probablement un peu sous le vent du Peñon, et là crac! je suis en apesanteur. Pas de pressions dans les commandes, je n’avance pas, je ne recule pas, je ne me sens ni monter ni descendre. Avant que je n’aie le temps de me rendre compte que je suis en décrochage, je sens la voile qui regonfle et avant de pouvoir réagir, je la sens foncer à 45 degrés devant moi. J’arrive heureusement à la freiner, et j’évite ainsi de faire un taco ou d’avoir des décrochages-fermetures en cascade. C’était mon tout premier décrochage. Il se voit bien sur la trace en 3D.
Je poursuis ma route vers le Wall, me prends des dégueulantes qui me donnent envie d’utiliser l’accélérateur. Et là, surprise, impossible de le trouver. Je profite d’un moment calme pour piloter à une main et saisir l’accélérateur, mais j’arrive seulement à me démettre une épaule. J’essaie avec l’autre bras et me démets l’autre épaule. Je me résigne temporairement et me concentre sur le vol: le Wall ne donne pas bien, fin de cycle probablement, et je dois me battre un autre quart d’heure pour rester à flot. Quand j’ai enfin un peu de marge, je sais l’accélérateur à la main, coince mon pied dedans et le force à sortir. Apparement il s’était coincé dans la fente du secours.
Je passe enfin au Crazy Thermal Mesa, qui est généralement l’”orbite d’attente”, cinq minutes avant le départ. Le départ lancé, je dois juste faire deux tours de plus pour être prêt à faire la première balise (B13 Magey, avec un cylindre d’entrée de 2km puis un de 400m). Plein de pilotes volent aux nuages, sans même faire des effort pour descendre. Pas pu faire de photos convaincantes, donc je serai bon prince.
Une fois à B13, je me dirige vers la suivante (B09 Laguna), mais elle est en plein sur un plateau avec beaucoup d’arbres et pas de vaches heureusement son cylindre est de 3km, ce qui me permet de tenter de rester sur la crête au devant pour l’attrapper de côté. C’est plus long mais moins risqué, et bingo, la B09 est effectivement à 2km du bord donc je peux l’attrapper.
Dès que je l’ai, je fais demi-tour, sur une crète à l’ombre mais qui me permet de rejoindre le côté ensolleilé, et là en trois thermiques je suis dans la vallée suivante, toujours bien placé dans le peloton. Je suis déconcerté par les libéralités que les autres concurrents prennent par rapport aux nuages, perso je décide de la jouer clean, quitte à faire un tas en allant vers B22 Saucos. Ce que je fais effectivement après un petit tour en plaine, dans un champ où je me fais rejoindre par 3 autres pilotes.
Résultat: 26km, et possiblement une remontée dans le Top 100.
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Manche 3, 27 Enero 2010
Thursday, January 28th, 2010British Open: manches 1 et 2 nullos
Wednesday, July 1st, 2009Enfin le 3ème jour, la météo est assez bonne pour organiser une manche.
On nous envoie à 100km au Nord-Est. Je décolle dans le dernier groupe (vol vert), gratte trop le relief et plombe gentiment, en me trouvant trop bas en vallée pour encore trouver quelque-chose d’exploitable. Je me tape une heure de traverses de champs et de barbelés avant d’être au village. Je prends la voiture pour un deuxième essai en libre. Plus personne au déco sauf Karolina, une polonaise. Elle propose de descendre la voiture et m’aide à décoller. Là (vol bleu), je file plus rapidement en vallée, et trouve un thermique qui me fait monter à 2399m. Je suis le relief, puis retourne en vallée et ne trouve plus rien d’exploitable. Je pose à Villafranca (apparement un classique pour les débutants), me tape une heure à traverser les barbelés et les champs de blé sauvage, puis une demi-heure pour attendre la navette qui m’emmène… dans la direction opposée (sois disant pour me refiler au bus qui pourrait aussi bien me prendre là ou j’étais). Finalement je suis à la base vers 18h30. Wim fait le goal (trace orange) en 4ème, deux minutes après le vainqueur. 26 pilotes font le goal.
Ce mercredi, ils montent les mises, avec la même route mais un goal à 125km. Il y a une belle couche d’inversion à 2000m, mais pas de quoi s’inquiéter. Environ 12 secondes après son déco, Wim annonce qu’il va reposer au déco, parce qu’il a une clé dans ses suspentes. Comme je ne suis pas encore parti, je me détache pour l’aider. Il pose sans trop d’embuches, donc je décolle, en oubliant de me rattacher à la poitrine (pas confortable mais pas dangereux) et en plombant comme un fer à repasser, j’ai failli faire un cratère dans la route. Je recommence la
même connerie qu’hier, je suis des gros losers qui grattent le relief
au lieu d’aller en vallée. A un moment, le Meet Director annonce sur la fréquence sécurité que le pilote numéro %£µ$ a un(e) #§&%* à sa voile. Je fais pas attention, vu que je suis entrain de négocier ma déchéance point de vue altitude. Un peu plus tard, je me rends compte qu’inconsciemment j’étais en train de corriger un problème assez ennuyeux: dès que je lache les commandes, je tourne gentiment à gauche. Ca faisait 1/4 d’heure que je corrigeais à droite. Ca n’a pas du aider la performance de ma voile. C’était peut-être bien moi le pilote numéro %£µ$. Finalement je fais un tas, pas trouvé un seul thermique exploitable (trace verte). Je retraverse 3 kilomètres de barbelés et de champs, remonte sans grandes conviction vers le déco mais c’est trop fort. Fin de la journée. Wim fait le goal, environ 15ème. 40 pilotes for le goal.
Manche 6, Vendredi 9
Friday, January 9th, 2009Une manche très courte en ce qui me concerne. Les organisateurs proposent une tâche pour minimaliser les récup’ vu que c’est la dernière. Ils nous envoient au Divisadero.
Je fais une première fois le plein au déco, une deuxième fois au Peñon toujours aussi magique, enfin une 3ème fois (3450m) à la Crazy Thermal Mesa. Il reste environs 10 minutes de parking en attendant le top départ. Là tout le monde traverse et raccroche en face. Y a rien qui donne terriblement. Arrivé au bout de la montagne, j’enroule une dégueulante, et le fais enterrer dans le Mordor (celui-là même dont je m’étais sorti dimanche). Sauf que là je me fais vraiment enterrer. J’ai le choix entre sauter un obstacle qui est à finesse 8 et proche et un autre qui est à finesse 10 et loin. Manque de bol, ca dégueule à finesse 4, au mieux.
Bref, ça se finit dans les arbres. Je me refuse d’en choisir un en particulier. Coup de bol, je me pose sur la selette une demi seconde après le premier contact entre la voile et les arbres. Pas une égratignure, et plus important pas une déchirure de voile ou de suspente. Il me faut quand même une demi-heure pour libérer la voile en grimpant dans l’arbre.
Je replie, et me retrouve nez à nez avec Roger, un Américain qui a eu la bonne idée de me suivre et a eu encore plus de bol à l’atterrissage en forêt.
Nous en sommes quittes pour deux heures de descente en sentiers caillouteux, suivies de 15 minutes dans la benne d’un pickup (ou se trouvaient aussi un Mexicain et deux chevaux – normal on est au Mexique) puis par 2 heures de taxi collectifs.
Je finis 101ème de la manche, et 103ème au général.
Manche 5, Jeudi 8 (enfin je crois, j’ai perdu la notion du temps)
Thursday, January 8th, 2009Une toute bonne manche. Comme ça peut se voir sur la carte, pas de perte de temps, les thermiques sont évidents, sans ambiguïtés. Mais au bout de 28km d’aller-retour je choisis de passer un thermique pour aller au bon, sauf qu’il est pas si bon que ça…
Navette de retour très chouette à boire des chopes avec un Américain.
Je devrais me maintenir au classement, voire gagner une place ou deux.
Manche 4, mercredi 7
Wednesday, January 7th, 2009En bref: une grosse manche de 84km, personne au goal, petites conditions, moi j’ai fait 26km principalement en soaring. Je devrais remonter au classement (je vois pas comment je pourrais descendre), y a eu beaucoup de gens qui se sont planté avant moi.