electrabeteCe mercredi matin, je me suis rendu à la librairie pour acheter le magazine Télémoustique. Pour 1,80€, le film d’Al Gore sur la bombe à retardement du réchauffement climatique, y est inclus. Je vous encourage vivement à faire passer l’info (ou le disque) à vos voisins, vos collègues, vos amis. Mais aussi à rester critique vis-à-vis de cette opération de façade téléguidée par Electrabel, qui ferait bien de regarder dans son assiette.

Avec humour et exemples en image des effets déjà perceptibles du réchauffement, An Inconvenient Truth (Une vérité qui dérange) constitue une belle réussite pédagogique. Extrait vidéo ici. Une démonstration de ce qui nous attend si nous ne passons pas des poses souriantes avec Nicolas Hulot à de véritables actions, un véritable programme, une véritable union nationale pour le climat.

D’un premier abord, il peut paraître étonnant qu’une oeuvre à peine sortie de l’affiche soit diffusée si largement à si petit prix. A y regarder d’un peu plus près, un gros sponsor est passé à la caisse. En déboursant des centaines de milliers d’euros pour 480.000 copies, Electrabel tente bien entendu d’apparaître bien plus vert qu’il n’est. Avant de nous enfiler le documentaire de l’ex-futur-président des Etats-Unis, rappelons-nous qu’avec Electrabel, vous avez l’énergie…polluante et chère.

En effet, Electrabel possède pas moins de 9 centrales nucléaires et au charbon, technologies totalement dépassées et dangereuses. Ses 2 centrales au charbon contribuent à 10% de nos émissions totales de CO2. Ses 7 réacteurs nucléaires de Tihange et Doel produisent des déchets radioactifs durant 3000 ans, que personne ne veut enterrer dans son jardin. Des déchets pour lesquels 50 ans de recherche n’ont permis de trouver aucune solution de transport, d’enfouissement ou de stockage acceptable et/ou sûre. Un type d’énergie qui nous rend aussi dépend de l’étranger, puisque les barres d’uranium restent rares et proviennent d’un nombre de pays limités.

Dans un même temps, Electrabel consacre bien moins d’énergie à développer les énergies renouvelables qu’à tenter de traîner devant les tribunaux des militants de Greenpeace. Le 25 octobre 2006, les pacifistes de l’ONG avaient démontré en quelques minutes seulement que les tours de refroidissement de Huy pouvaient trop facilement faire l’objet d’attaques terroristes. Au lieu de renforcer sa sécurité ou de remettre en question son modèle désuet, la compagnie préfère tirer sur l’ambulance…

Toujours dans un même temps, la compagnie du groupe privé Suez maintient une facture énergétique extrêmement haute pour les nombreux consommateurs qui ne sont pas passés à un fournisseur d’électricité verte (j’ai testé, c’est 5% moins cher). Et tout cela, après avoir fait payer par l’Etat (par vous) la construction des centrales, largement amortie depuis lors.

Cerise sur la gâteau, on entend aujourd’hui Electrabel et le lobby nucléaire proposer la construction de nouveaux réacteurs. Ceux-ci fonctionneraient toujours avec des barrettes fluorescentes mais seraient sous-disant plus propres et moins risqués. D’autant que tous les coûts de construction (minimum 3.000.000.000€ l’unité), d’entretien et d’approvisionnement seraient financés par l’Etat. Des coûts jamais intégrés lors de la comparaison des prix de revient des différentes sources d’énergies. Désolé, Electrabel, ces faits constituent eux aussi une vérité qui dérange.

Après la vision du film d’Al Gore, je vous propose une lecture pour sortir du gore: un dossier qui démonte les clichés pro-nucléaires.