radio pirateLa Ministre de l’Audiovisuel en Communauté française, Fadila Laanan (PS) annonce pour 2008 la mise en place d’un plan de fréquences. Sympa, ça, pour mettre de l’ordre sur la bande fm et permettre – qui sait – de faire émerger de nouveaux projets de radios associatives.

J’aimerais y croire, mais chaque année depuis au moins 10 ans, c’est la même rengaine, sans effet. Fadila Laanan promet régulièrement un plan pour les mois qui suivent. Rétroactes.

En 2004, Fadila Laanan annonce « un dépôt d’avant-projets d’arrêté [pour] février 2005. Dès publication au Moniteur, l’appel d’offres sera ensuite lancé dans le courant du deuxième trimestre. »

En novembre 2005, son cabinet indique [espérer] « passer au gouvernement avec le nouveau plan, en première lecture, d’ici la fin décembre [et être] aujourd’hui dans la phase de rédaction des arrêtés ».

En 2006, toujours rien de concret à l’horizon. Ses services travaillent, tentent de se coordonner avec la Flandre mais rien ne bouge. En juin, Fadila Laanan indique ceci: « Pour le moment, le plan de fréquences est pratiquement finalisé et nous sommes en train de relire les arrêtés qui portent sur les caractéristiques techniques des fréquences ».

En guise de bons voeux 2007, la ministre anderlechtoise indique le 21 décembre 2006, que tout va bien dans le meilleur des mondes, ou presque: « le plan de fréquences sortira début 2007. Initialement prévu pour le 15 décembre, j’ai dû tout retarder après avoir reçu un courrier du CSA français nous demandant de collaborer avec eux sur 250 fréquences. […] Nous travaillons ferme pour un bon plan de fréquences […].

Nous sommes le 10 juillet 2007. Rien n’indique que cette fois est la bonne. Il y a juste une opportunité politique: deux années sans élection. Ce n’est pas négligeable, mais cela risque de ne pas suffire. Effectivement, il s’agit d’éviter une suspension de l’appel d’offres comme en 2004 et d’éviter que les fréquences octroyées par la Communauté deviennent les cibles de la Communauté flamande, comme en 1998, quand Radio Campus et d’autres avaient été saisies.

Anarchie

Ces dernières années, de nombreuses stations se sont développées sans autorisation. En pleine insécurité juridique, elles ne peuvent trop compter sur des prêts bancaires pour investir, peut-être à fond perdu en cas d’improbable saisie de leur matériel par l’IBPT ou de sortie d’un plan de fréquences qui ne les reconnaîtraient pas. Cela ne les a pas empêché de planter des émetteurs sur tout le territoire de la Communauté, dans la plus grande illégalité. A condition de se placer sur une fréquence coordonnée, c’est-à-dire de ne pas brouiller les voisins (surtout la RTBF), ils ne risquent pas grand chose, en fait.

Citons plusieurs réseaux (plus d’une fréquence) tels Contact Plus, Mint, Zone 80, Pasa (en turc), Sud radio, Ciel, Mélodie fm, FooRire, Al Manar (en arabe), City fm, Antipode, Vital fm, Diwan fm, RCF (catho) et le cas particulier de la publique Pure fm. 

Citons aussi des stations indépendantes (un fréquence): East fm, Master Jazz Music, Emotion, Ezgi, RMI FM, Slow fm, Jet fm

A noter que si quelques-unes de ces fréquences proposent des programmes originaux animés par des êtres humains parfois plus ou moins rémunérés, dans des langues peu entendues sur les ondes jusqu’ici, bon nombre de nouveaux projets se contentent de faire tourner un PC avec de la musique, plus ou moins thématique et espèrent en vivre un jour, grâce à l’apport de la publicité.

L’investissement est limité (quelques centaines d’euros pour un amateur, quelques milliers pour un émetteur plus pro). L’espoir de bénéfices à long terme, grand. La rumeur veut que le plan de fréquences se contenterait de reconnaître la situation actuelle, sans supprimer aucune station existante. La ministre promet qu’il n’en sera rien. Espérons-le. Mais notons que pour appuyer une candidature, il n’y a pas meilleure carte de visite qu’une démo audible par les membres du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) partout et tout le temps, transmise dans de bonnes conditions: la radio.

Ca dure…

Enfin, ne nous limitons pas à la ministre actuelle. Jusqu’ici, tout le monde à échoué. Depuis la PS Laurette Onkelinx en 1996, à Fadila Laanan dès 2004, en passant par les MR Corinne de Permentier en 99-2000, Richard Miller de 2000 à 2003, Daniel Ducarme de 2003 à 2004 et enfin, Olivier Chastel qui avait publié un plan de fréquences au printemps 2004…immédiatement cassé par le Conseil d’Etat sous requête de BFM (Groupe Contact).