questionsCes jours-ci, on parle beaucoup d’un gouvernement transitoire, intérimaire, provisoire, d’urgence, bref, d’un gouvernement temporaire. Eternel provisoire ? Avec quel personnel de support ? Avec une opposition ? La crise est là. Il faut avancer mais je me pose des questions…

Eternel provisoire ? Selon Guy Verhofstadt, cette formule provisoire s’arrêterait à Pâques (23 mars 2008 ?). Quel parti entrerait dans un gouvernement de ce type, se mouillerait, s’identifierait comme étant « dans » le gouvernement et donc cautionnant les décisions qui seraient prises après son départ ? Bonjour la confusion des citoyens ?

Quels cabinets ? Qui dit urgence, dit constitution rapide de cellule de supports pour permettre d’appuyer les ministres, de déblayer le terrain pour les aider à prendre et opérationnaliser les bonnes décisions. Et donc, on voit mal comment on se passerait de cabinets ministériels. Or, il faut du personnel compétent.

De deux choses l’une. Soit, on recrute des experts qui, sauf heureux hasards, travaillent déjà et doivent donc prester un préavis, souvent de plusieurs semaines ou mois, et quitter un emploi parfois à durée indéterminée pour un job à durée déterminée, très précaire (bonjour les risques d’exclusion du chômage). Soit on faut appel aux conseillers des partis, ce qui vident une partie du contre-pouvoir qu’ils constituent de facto et du recul dont il font davantage preuve dans les prises de décisions ministérielles. Le joker : se passer de cabinet et se reposer uniquement sur l’administration.

Quelle opposition démocratique ? Si une large coalition MR-cdH-PS-ECOLO aurait le mérite de mouiller tout le monde du côté francophone et d’éviter qu’un grand parti accuse l’autre de « trahison face aux Flamands », il laisserait le champs libre aux petits partis. Tant mieux pour les petites formations (PC-PTB-POS-CAP-RWF-Vivant francophone…).

Mais attention au boulevard ouvert au Front national . Ce parti raciste pourrait plus que jamais surfer sur la lassitude de citoyens face à la crise et renforcer l’opinion « tous les mêmes, tous des pourris ». La récente mise à la porte de son ancien président à vie Daniel Féret et la reprise de l’appareil et des finances – publiques! – par des personnages qui maîtrisent davantage la communication politique constituent une sérieuse menace (voir Résistances).

Et vous, qu’en pensez-vous ?