rixeHabitant Anderlecht, je suis comme tout le monde très choqué aujourd’hui. J’aurais préféré qu’on parle de ma commune pour autre chose que pour les événéments des places Saint-Guidon, Vaillance et De Linde ou de la rue Wayez. Après la soirée de vives tensions, de bagarres, de pillages, de destructions de mobilier urbain, de répression policière, j’ai du mal à trouver les mots. Réflexions à chaud.

La castagne, ou plutôt le risque de castagne puisqu’il n’y a pas vraiment eu de confrontation entre hooligans et jeunes casseurs, m’interpelle. Les médias font le décompte des interpellations, des forces de l’ordre mobilisées, des blessés… D’ici quelques jours, quand la tension retombera, les sociologues ne manqueront pas de produire de longues réflexions sur les causes profondes de ces rixes.

De mon côté, je peux réagir à chaud, avec tous les défauts que cela peut comporter. D’abord en mettant en lumière la présence d’une centaine d’éducateurs de rue, d’animateurs sportifs et autres stewards. Moins spécaculaires et donc moins filmables pour les journaux télés, ils auront permis d’éviter des dégâts plus importants encore. Sans matraque mais avec leur expérience en médiation urbaine. Ils n’ont d’autres armes que leur connaissance du terrain. Moins impressionnant que les fumigènes et matraques des bleus, mais tellement efficace. Je suis heureux que le bourgmestre Van Goidsenhoven n’ait pas oublié leur utilité et les ait cités lors de ses nombreuses interviews.

Et ensuite, en appelant de mes vÅ“ux une réaction rationnelle plutôt qu’émotionnelle.  Renvoyons dos à dos les différentes personnes qui ont choisi (et prémédité pour certains) d’aller dans la rue ce jour. Responsable de la violence et de la provocation, l’ignorance unit les différents « camps ». Elle doit aussi être pointée. Tant celle des skinheads supporters du RSCA qui « pensent » que « tous les immigrés sont des criminels » que l’ignorance de jeunes qui sont convaincus que « tous les skinets sont flamants et tous les flamants des racistes » (sic).  Un travail de longue haleine pour démonter les préjugés et clichés doit avoir lieu. Dans les buvettes de clubs sportifs, dans les écoles, dans les maisons de quartier, sur les abribus…

Après le nécessaire retour à l’ordre public, que j’espère le plus rapide possible, il serait dommage que l’entièreté des éventuels moyens nouveaux se concentre sur la répression. La prévention, dont l’éducation publique est un pan essentiel, doit aussi s’améliorer.

Et maintenant, que faut-il faire ? Donnez-moi votre avis en laissant un commentaire (modération a priori pour ceux qui n’ont jamais participé)

Illustration : Lionel Lejeune